MDOU MOCTAR

Où l'art de la musique touareg

Un message qui raconte comment la France s’approprie les ressources locales du Niger, en l’occurrence, l’uranium, à travers Areva, en exploitant les habitants, au passage irradiés.

Un message qu’il exprime dans sa musique, en tamasheq, la langue touareg, aux sonorités incantatoires, mystiques. Un message qui porte aussi toute la richesse de la culture de ces populations nomades du désert, aux traditions plus vieilles que les nôtres.

Si Mdou Moctar en veut beaucoup à la puissance hégémonique européenne et américaine, aux ingérences politiques qui déstabilisent des pays entiers comme la Libye, aujourd’hui ravagée, il sait malgré tout faire la part des choses, et il vient quand même jouer en France. Car les gens sont moins
responsables que les discours politiques et médiatiques qui les manipulent.

C’était pour moi un beau moment, une belle rencontre, l’occasion de découvrir la pratique de l’entretien, du portrait – une belle pratique de la discrétion où l’on s’efface au profit de l’autre. Où l’on écoute.

Bonne écoute !

Cela fait quelques temps déjà que j’écoute beaucoup de musique touareg, à travers des artistes comme Bombino, Tinariwen. Pour autant, je ne connaissais pas du tout la musique de Mdou Moctar.
quand j’ai décidé d’aller à son concert à la boule noire. Je n’avais pas la moindre idée de l’homme qu’il était quand je l’ai rencontré.

Ce qui m’a frappé chez lui, c’est d’abord son charisme. Il est grand, calme, a des yeux sombres et rentrés, qui donnent de la profondeur à son regard. Sa voix est posée. Sa musique, électrique.

J’ai découvert ensuite qu’il était un guitariste virtuose, qui s’était approprié les codes du rock garage, pur, répétitif, en passant par l’auto tune jusqu’à la trans, et qu’il s’était créé un style musical bien à lui. Un musicien passionné, qui ne quitte son pays que pour y partager sa musique et son message.

Un « message très lourd » comme il le dit, qui raconte l’histoire de la colonisation française en Afrique, plus particulièrement au Niger, où l’ingérence française soumet en esclavage son peuple,
aujourd’hui comme au temps de ses ancêtres.